Médoc & Haut Médoc

Château Chasse Spleen, Moulis, Cru Bourgeois Exceptionnel

Chasse-Spleen est un vignoble de 80 ha situé au point culminant des croupes de Grand Poujeaux qui fut de tout temps géré par des femmes. Madame Castaing créa le vignoble suite à un héritage en indivision. Ce fut bien après le classement de 1855 que son ami Baudelaire suggéra le nom du château. Actuellement, c’est Céline Villars, également propriétaire de Camensac, qui gère la propriété. Une parcelle indépendante de 30 ha est vinifiée en Château Gressier Grand Poujeaux et 2 ha sont réservés à la production du blanc de Chasse-Spleen. Le second vin, L’Oratoire de Chasse-Spleen, est un moulis plus léger qui demande moins de garde.

Château Desmirail, 3ieme grand cru classé, Margaux

Ce château, 3ème grand cru classé, est une jolie chartreuse du XVIIIème siècle et relève aussi du patrimoine architectural typique de son époque. Elle abrite l’un des premiers cuviers utilisant la technique de gravité. Celle-ci évite le remous et par conséquence l’altération du vin, par des pompages lors des transferts tel que les soutirages et l’entonnage. Les 40 ha de vignes, 60% cabernet-sauvignon, 29% merlot et 1% de petit verdot, se situent toutes sur des sols de graves réparties sur Cantenac, Arsac et Soussans. Par son coté naturel, son propriétaire, Denis Lurton, attache beaucoup d’importance au soin de sa vigne, conduite en lutte raisonnée depuis plus de 10 ans. Après des vendanges manuelles et un tri sévère, les raisins fermentent en petites cuves pour un meilleur suivi parcellaire. L’élevage se poursuit en fût pendant 12 mois. « L’Origine de Desmirail », le second vin, reçoit les mêmes soins que son grand frère.

Château Domeyne, Saint-Estèphe, Cru Bourgeois

Sur une magnifique croupe de graves non loin des grands crus classés de Saint-Estèphe (Château Calon-Ségur), le Château Domeyne a confirmé en 2003 son classement de 1932 de cru bourgeois et collectionne les médailles chaque année. De très bonnes installations permettent l'élaboration d'un cru plein de nuances et de personnalité. En 2006, le château a été racheté par Claire Villars-Lurton, propriétaire de Château Haut-Bages Libéral, grand cru classé de Pauillac, et son mari Gonzague Lurton, propriétaire du 2ème grand cru classé de Margaux, Château Durfort-Vivens. Ils mettront tout leur savoir-faire à hisser ce cru parmi les meilleurs de son appellation. Terroir : le vignoble est implanté sur des croupes et des plateaux de graves particulièrement bien drainés, très caractéristiques des meilleurs terroirs de Saint-Estèphe. Ce terroir est également marqué par un sous-sol constitué d'argile et de calcaire qui donne au vin sa particularité. Les raisins sont riches en tanins ronds et charnus, leur conférant une belle couleur rouge sombre, une puissante structure et une grande finesse aromatique. C'est un vin qui est plus particulièrement destiné au vieillissement et, après quelques années, il gagne en complexité aromatique et en caractère. Une fois les tanins assouplis, le vin laisse alors une impression de grande harmonie.

Château Duhart-Milon, Pauillac 4ième Grand Cru Classé

A l’époque du classement de 1855, Duhart-Milon, propriété de la famille Castéja, était reconnu comme un terroir de qualité et classé comme seul 4ème Grand Cru de Pauillac. A partir de 1935, Le Château Duhart-Milon décline, la famille Lafite Rothschild, voisine, le rachète en 1962, et entame d’énormes travaux d’arrachages, de plantations, de drainages et d’acquisition de parcelles contiguës. Entre 1975 et 2001, le vignoble grandit de 30 ha et retrouve au fil des millésimes une qualité lui redonnant son statut de 4ème Grand Cru Classé. A partir de 2003, les critiques s’accordent et confirment le grand potentiel de Duhart-Milon.

Château Durfort-Vivens, Margaux, 2ème Grand Cru Classé

Le Château Durfort-Vivens doit son nom aux Durfort de Duras, puissante famille du sud-ouest. En 1824, le Vicomte de Vivens ajoute son nom à celui de Durfort. Le classement de 1855 attribue au Château Durfort-Vivens le rang de deuxième cru classé. En 1937, le cru est repris par la société du Château Margaux dont la famille Lurton est alors le principal actionnaire. En 1961 Lucien Lurton, passionné et grand défenseur des terroirs vinicoles, acquiert et restaure ce vignoble d’exception. En 1992, son fils Gonzague hérite de la propriété. Il modernise l’exploitation avec le souci d’exalter les qualités de ce terroir unique. Situé sur les communes de Margaux, Cantenac et Soussans, le vignoble de Durfort-Vivens plante ses racines sur des croupes de graves profondes et particulièrement pauvres. Ces graves ont été déposées par les lits successifs de la Garonne à l’ère quaternaire. Ce grand terroir offre une maturité précoce et optimale au cabernet sauvignon, lui permettant ainsi d’exprimer pleinement finesse et soyeux des tannins, gage de la fraîcheur et de l’élégance caractéristique des grands Margaux. Au Château Durfort-Vivens, la recherche constante d’un équilibre naturel entre la vigne et son terroir se traduit par des pratiques culturales traditionnelles.

Château Graves de Pez, Saint-Estèphe

Cette petite propriété de 3.5 ha à St Estèphe, est située au lieu-dit de » Pez », proche des châteaux Montrose et Cos d'Estournel. Son jeune propriétaire, Maxime St-Martin, petit-fils des propriétaires du château Lafon Rochet, s’efforce avec l’aide d’Eric Boissenot (l’oenologue conseil notamment des châteaux Latour, Lafite, Margaux et Léoville Las Cases) à faire grandir la réputation de son Château. Le vin se montre tout en élégance, bien équilibré grâce à un boisé parfaitement maîtrisé. On peut déjà l’apprécier relativement jeune.

Château Gruaud Larose, Saint-Julien, 2ème Gd Cru Classé

L’abbé Gruaud, digne représentant de la noblesse de robe qui a symbolisé l’Ancien Régime pré-révolutionnaire de France, a dessiné l’histoire du château en 1725. Grâce à la famille de Joseph-Sébastien de Larose, gendre et héritier de l’abbé Gruaud, le vin a non seulement accru sa réputation mais s’est aussi fait un nom : Gruaud Larose. Depuis 1997, la famille Merlaut a repris les rênes de ce cru. Il est actuellement la propriété de Jean Merlaut. Ayant conservé sa taille d’origine, le Château Gruaud Larose fait partie des rares crus historiques du Médoc et, plus que jamais, honore son rang de deuxième cru classé en 1855. Année après année, chaque millésime rappelle que Gruaud révèle le sol, les tanins et le terroir, et que Larose est l’évocation de la poésie, des arômes et du bouquet. Le terroir de Gruaud Larose est véritablement remarquable et unique. L’emplacement des vignes (80 ha) n’a presque pas bougé depuis 1725. Le sol est composé de graves provenant de l’estuaire de la Gironde. Par certains endroits, ce tapis de graves atteint une profondeur de plus de 5 mètres. Le sol, très pauvre et sableux, a la particularité d’être bien drainé. Le drainage est un facteur très important pour Gruaud Larose qui a mis en place des techniques performantes dès le début du XIXème siècle.

Château Haut-Bages Libéral, Pauillac, 5ème Gd Cru Classé

La famille Libéral régissait le domaine dès le début du XVIIIème siècle. Ils vendaient à l’époque la majeure partie de la récolte en Belgique et aux Pays-Bas. Ces fins connaisseurs réunirent 30 ha des meilleurs terroirs de Pauillac. Ce cinquième cru classé en 1855 possède la moitié de son vignoble accolé à celui de Château Latour et l’autre moitié derrière Château Pichon Baron, situé sur les hauteurs du lieu-dit « Bages », grand plateau au sud de Pauillac. Les parcelles de la propriété sont situées sur deux ensembles, l’un composé de graves profondes et l’autre d’argilo-calcaire et calcaire-crayeux qui reposent sur une roche mère calcaire, facteur favorable pour un drainage naturel. Le terroir exceptionnel à Pauillac, qu’offre si généreusement la nature, permet l’élaboration de très beaux vins. Avec l’arrivée de la famille Villars en 1983, Château Haut-Bages Libéral a retrouvé son lustre d’antan. Elle a entrepris une refonte totale de l’outil de vinification et a adopté une nouvelle approche environnementale. Depuis 2009, le domaine étend ses expériences en agriculture biologique et biodynamique. Selon Claire Villars, pas moins de 90% du travail est fait au vignoble. L’idée étant de laisser s’exprimer l’excellence du terroir du Château Haut-Bages Libéral dans ses vins. De la sorte, elle produit désormais des vins généreux et à la fois puissants et élégants.

Château La Gurgue, Margaux

La propriété est composée de 5 ha de vignes de l’ancien prieuré de la paroisse et de 5 autres ha sur un superbe plateau au lieu-dit « Curton », entourés par les vignes du château Margaux, sur un énorme tapis de graves garonnaises. Cette particularité en fait le vin le plus typique de Margaux comme en attestent les dégustateurs et œnologues lors de « l’essai sur le style de Margaux ». La propriété vaut réellement le niveau d’un cru classé. Aujourd’hui, c’est Claire Villard, également propriétaire du Château Haut-Bages Libéral, qui réussit le challenge d’élaborer des vins alliant finesse et délicatesse dont le caractère féminin, élégant, fait la renommée de Margaux. Le vin est composé de 60% de cabernet sauvignon, 35% de merlot et 5% de petit verdot. Une vinification classique avec cuvaison longue typique du Médoc précède un élevage de 12 mois en barriques dont 25% des neuves.

Château Lafite-Rothschild, Pauillac 1er Grand Cru Classé

Est-il besoin de présenter le Château Lafite qui dès 1815 est classé au sommet par Abraham Lawton : «je l’ai classé comme possédant le plus d’élégance, de délicatesse et de sève plus fine des trois autres premiers crus». Classement confirmé en 1855 et pendant des décennies, il a continué à briller pour ensuite subir les aléas des crises et guerres, en passant par des rachats et reprises. Dans les années 90, le Baron Eric de Rothschild achète le Château Lafite et insuffle comme lui seul sait le faire, un vent de modernité et de dynamisme. Les millésimes des années 2000 ont été grandioses et les réussites se sont succédé. Aux impatients, les connaisseurs rétorqueront d’attendre Lafite qui a besoin de temps pour dévoiler une palette infinie et complexe de saveurs et textures soulignées par une longueur en bouche exceptionnelle.

Château Lagrange, Saint-Julien, 3ième Grand Cru Classé

Une des plus belles propriétés de Saint-Julien dont la renaissance a été menée tambour battant et avec grand talent depuis 1983 (plus de 30 ans déjà) à l’initiative de ses propriétaires japonais. Le vignoble s’étend sur deux croupes de graves d’origine « gunziennes » accompagnées soit de sable, soit d’argile ferrugineuse. Avec une altitude de 24 mètres, le centre du domaine est le point culminant de Saint-Julien. Sur une surface totale de la propriété de 157 hectares, 115 hectares sont plantés en vigne dont la majorité est drainée. L’encépagement est constitué par 65% de cabernet sauvignon pour la structure, 28% de merlot pour la rondeur et 7% de petit verdot pour le fruit et la complexité.

Château Les Carrégades, Médoc

Ce vrai Médoc en provenance de Bégadan, tout au Nord du Médoc, jouit d’une exposition fortement influencé par le climat atlantique. La propriété de 8 ha se situe long de l’Estuaire de la Gironde, une forêt de pins, côté Ouest la protège aussi contre les vents de l’océan. Un sol majoritairement sablonneux et bien drainé, un encépagement classique : 45% merlot, 45% caberernet, 5% petit verdot, 5% cabernet franc et un vieillissement partiel en fûts de chênes garantissent l'équilibre et typicité de ce vin simple, modeste mais délicieux.

Château Maucamps, Haut-Médoc Cru Bourgeois

Classé Cru Bourgeois Supérieur en 1932, le Château Maucamps est actuellement constitué de 20 ha en un seul tenant situé sur des croupes de graves garonnaises à Macau. Les vignes sont composées d’un encépagement très caractéristique pour le Médoc : 60% de cabernet sauvignon, 35% de merlot et 5% de petit verdot. Le vin subit une vinification classique avec une longue cuvaison de 3 à 4 semaines suivi d’une garde de 16 mois en fûts de chêne dont 40% de fûts neufs.

Château Poujeaux, Moulis-en-Médoc

Tout en s’inscrivant dans la continuité, Philippe Cuvelier et son fils Matthieu insufflent une énergie nouvelle et beaucoup d’ambition à la propriété de tout juste 100 ha. Le vignoble s’étend d’un seul tenant au nord-est de Moulis, sur les croupes de graves de Grand Poujeaux. Les vignes : 50% de cabernet sauvignon, 40% de merlot et 5% de petit verdot et cabernet franc sont plantées à 10.000 pieds/ha, ce qui est très serré. Ceci a pour but de produire moins de raisins mais plus concentrés offrant davantage de matière. Depuis la reprise, les propriétaires ont fait appel aux meilleurs professionnels et aux technologies les plus modernes. Ces efforts se voient aujourd’hui récompensés par des vins harmonieux et puissants qui ne manqueront pas de vous séduire.

Château Sociando-Mallet, Haut Médoc

Nous ne pouvons pas aborder ce château de 85 ha à Saint-Seurin de Cadourne, au Nord de Saint-Estèphe, sans parler du personnage fondateur : Jean Gautreau. Ce dernier fut un courtier remarquable avec qui nous avions beaucoup collaboré dans le passé. En 1969, il acquiert la propriété qui flaire l’air marin de l’estuaire. Les vignes sont situées sur des roches argilo-calcaires assez pauvres et plantées à 55% de cabernet sauvignon, 40% de merlot et 5% de cabernet-franc. Le château produit un second vin, la Demoiselle de Sociando-Mallet.

Château Talbot, Saint-Julien, 4ième Grand Cru Classé

Voilà une propriété imposante qui est d’ailleurs un des crus les plus célèbres du Médoc et dont la taille, 106 ha de vignes, en impose. La propriété appartient à la famille Cordier depuis plus d’un siècle. La demeure doit son nom au connétable Talbot, commandant de l’armée anglaise qui perdit la bataille de Castillon. Le château est en bordure de l’estuaire de la Gironde, entouré de croupes de graves ensablées sur lesquels les vignes (66% de cabernet sauvignon, 31% de merlot et 3 % de petit verdot d’un âge moyen de 45 ans) prennent pied. Talbot, c’est l’alliance des hommes et de la nature et la connaissance ancestrale du terroir exceptionnel qui donne chaque année naissance à des vins différents mais toujours harmonieux et complexes.

Château Teynac, Saint-Julien

Propriété très qualitative de 11,5 ha, voisine du Château Lagrange, Camensac et Gruaud-Larose. L’assemblage composé de 78% de cabernet sauvignon, 20% de merlot et 2% de petit verdot, donne naissance à un vin d’une très grande finesse et profondeur.

Château Vieux Moulin, Listrac, Cru Bourgeois

Propriété de 10 ha située sur les plus beaux terroirs de graves à Listrac , bénéficiant des conseils de Eric Boissenot, talentueux et discret œnologue médocain, qui intervient dans la viticulture et la vinification. Cela se ressent dans la justesse et la qualité des vins finis. Puissance et concentration parfaitement maîtrisées pour des vins élégants et de bonne garde. Une petite perle !

Clos de May, Haut-Médoc

Cette petite propriété de 2 ha, ayant le merlot pour seul cépage est située à Macau, non loin de Giscours et de Cantemerle. Elle fut classée cru bourgeois en 1932 puis déclassée en 2003 car jugée trop petite. Depuis 2009, la nouvelle réglementation des Crus Bourgeois ne se limite plus à la taille minimale de 8 ha et Clos de May a donc retrouvé la place qu’il mérite. Le colombier situé au milieu de la propriété est un vestige reconnaissable repris sur l’étiquette.